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:: Un p'tit machin fait en Anglais ::

 
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Aoi
Plume virevoltante

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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 09:49 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Ce titre ne t'as pas du tout intrigué, hein ?
Bah oui, l'Anglais, ça sert finalement à quelque chose.
En espérant que ça plaise :

 
Vous avez déjà regardé le plafond? Vraiment, je veux dire. Le fixer pendant des heures et des heures, immobile. Le plafond, si blanc, si pur, si vide. April se sentait vide. Vide de toute émotion. Son regard vide louchait sur les fondations de l'hôpital. Ses cheveux blonds faisaient comme une couronne autour de son visage triste, ses yeux bleus surmontant ses joues roses, creusées par les sillons des larmes qui s'étaient taries. D'un geste lent, mais déterminé, elle essuya ses pleurs. Ses parents ne méritaient même pas ça. Même pas la moindre chose d'elle, la plus petite attention, la plus petite larme, la plus petite pensée. Ils ne valaient rien. La main de la petite fille trembla alors qu'elle la reposait doucement sur son visage. Elle sentit encore une goutte couler sur sa joue, et mourir sur ses lèvres. A nouveau, un flot de pleurs se déversa, agrandissant les chemins fondés par les précédentes.
Ploc.
Ploc.
Ploc.
Une larme, une pensée, un sentiment. Mais eux, avaient-ils seulement pensé à elle, en l'abandonnant à l'école?


Voila. A vos critiques ! (comment ça, on peut pas juger sur si peu? è.é)
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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 09:49 (2012)    Sujet du message: Publicité

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sebast20
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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 13:35 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Yo Aoi !


Alors là... c'est *____* Franchement j'adore ! 
On se laisse emporter, on partage la douleur de la jeune  fille tout ça pour dire que c'était vraiment bien^^
J'essaies de chercher un truc à améliorer mais je ne trouve pas ^^"


Je ne pensais pas que l'anglais pouvait aider à faire d'aussi bon truc ^Q^ Je vais essayer cette semaine pour voir :)


Continues !
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Aoi
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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 16:26 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Hey Seb!
Contente que ça te plaise !
Cette suite a été faite en début de cours d'histoire, vendredi. o/
Enjoy!





April se retourna, seule dans son grand lit vide, pour s'allonger sur le ventre. Elle enfouit son visage entre ses bras, de façon à se couper du monde qui l'entourait. Elle renifla, sa respiration était saccadée. Une mèche blonde passa l'ouverture de ses lèvres et la petite fille la machouilla. Elle la recracha, quelques minutes plus tard. Elle s'accroupit sur son lit et posa sa tête entre les coussins. Dans son esprit défilaient encore les images de l'accident.




April attrapa son sac, qu'elle lança sur son épaule droite. Elle fit un sourire confiant à son institutrice.
-Vous inquietez pas, madame, dit-elle, je connais le chemin.
Sans attendre de réponse, elle franchit le parvis de l'école. L'hiver était rude, en cet période de l'année, et du verglas recouvrait la chaussée. La petite fille resserra ses bras autour de son manteau, se réchauffant. Elle se posait des questions. Pourquoi sa mère n'était elle pas venue? Pourquoi n'avait elle pas appelé l'école pour prévenir? Etait elle simplement en retard? Ou l'avait elle oubliée, toute son attention étant accaparée par Ally, la dernière arrivée de la famille? April fit sauter une légère plaque de givre avec sa botte avant de s'élancer sur la route. Un sourire amusé éclaira son visage : elle avait l'impression d'être à la patinoire. Elle fit quelques pas, glissa quelques mètres, tourna à droite, sure d'elle. Derrière elle, un bruit de klaxon retentit. Elle n'y fit pas attention. Elle continuait à s'amuser. La voiture tenta de freiner. Mais, comme dit plus tôt, le verglas recouvrait le goudron. April se retourna, lorsqu'un deuxième coup avertisseur fut sonné. Son visage se décomposa, comme effrayé. La dernière chose qu'elle vit fut l'automobile qui la percutait de plein fouet, l'envoyant quelques mètres plus loin. Le visage du conducteur fut projeté vers l'avant avec force, et heurta le pare-brise. Mais, avant que le voile noir de l'inconscience ne s'abatte sur elle, la petite fille eut le temps de reconnaître l'homme qui l'avait renversée... Son père. Son propre père.
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Jikkyo
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MessagePosté le: Lun 4 Juin - 07:59 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Lu' Clochette !
Très bien écris comme d'hab' mais quelques trucs a dire. [mode chieur enclenché] (oups il ai déjà enclenché depuis longtemps en faite :P)
 
"Elle la recracha, quelques minutes plus tard. Elle s'accroupit sur son lit et posa sa tête entre les coussins."


Pour la première phrase je trouve qu'elle est mal assemblé. La virgule au milieu casse le rythme mais si tu inverses tu peux garder la virgule ça passe tout seul.
--> Quelques minutes pus tard, elle la recracha. [ça se trouve même pas besoin de virgule je sais pas] 
Mais ensuite ça pose un problème car la deuxieme phrase s'enchaine super mal après la modif' donc :
--> Quelques minutes pus tard, elle la recracha puis s'accroupit sur son lit ( et là le "et" fait moche) pour poser sa tête entre les coussins.


En faite juste pour te dire la 1ere phrase cité cassait le rythme et qui fallait éventuellement changer un truc. Car là (Carla.. ah...ah...ah...) j'ai l'impression de faire un truc trop personnel.


La suite tu pourrais la mettre en italique on verrait mieux qu'on change d'espace-temps. [Cette remarque est faite par le seul boulet qui à tout lu sans comprendre le retour en arrière...]


"L'hiver était rude, en cet période de l'année"


cette pas cet et la virgule n'es pas nécessaire, ça casse le rythme aussi de marquer une pause a cet endroit la.  


"l'homme qui l'avait renversée... Son père. Son propre père."


Par "son propre père" ça sous-entendu une reproche mais je ne vois pas  ce qu'elle vient faire ici, c'est de sa faute à elle si elle s'est fait renversée dans ce cas-ci non ? Elle devrait même culpabilisé son père est peut-être mort sur le coup, elle en sait rien à ce moment-là. Donc je comprend pas trop son sentiment et ses sentiments à l'hopital aussi. Enfin d'après les éléments que tu nous donne pour le moment.


voilà, tchus' te lasse pas trop vite et continue !
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Dol'
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MessagePosté le: Mar 5 Juin - 18:01 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Pof. Pof. Pof. *...Apparition...* (ça sent la fille qu'a regardé naruto è.é)
Qu'est ce que je peux te dire de plus que ce que je t'ai déjà dit la dessus ? Hum...
Ah! Trouvé!
"ses yeux bleus surmontant ses joues roses, creusées par les sillons des larmes qui s'étaient taries."
Cette phrase là... je la trouve un peu... bizarre. Bawai, moi aussi je fais chier mon monde.
-> ses yeux bleus surmontaient ses joues roses, creusées par les larmes qui avaient formé un sillon, désormais taries. (Ewai, c'est les larmes qui sont taries, pas le sillon o/)
Après, pour le "son propre père", j'explique ma version de compréhension : ses parents, indignes, soit dit en passant, ne sont pas venus la chercher, s'ils étaient venus, jamais son père ne l'aurait renversée, la pauvre April. Binwai, à huit ans, tu laisses pas ta gamine faire le chemin toute seule, c'est con. Voila pourquoi y a une sensation de ce que y a un reproche.




Bref, tu postes vite la suite que tu as écris en maths, que j'ai déjà lue ^o^ et on s'acharne sur toi ! 
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Ecrire, c’est hurler en silence, sa peine, ses émotions, ses peurs et ses pleurs. Parce qu’écrire, c’est faire partager sans parler, faire comprendre sans entendre. Ecrire, c’est dire.
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Aoi
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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 16:07 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

Hum...
La voila:

April battit des paupières. Elle bailla encore une fois. Elle était fatiguée. Fatiguée d'avoir pleuré. Fatiguée de la vie. Enfin, elle se coula dans les doux bras de Morphée.
La petite fille se jeta par terre, devant le corps inanimé qui faisait face à son regard. Elle s'écorcha les genoux, et du sang coula sur le goudron, rejoignant celui de l'homme. Elle se vit appuyer ses mains contre la poitrine de son père, la comprimant, hurlant des « non! » désespérés, entrecoupés de sanglots ravalés. Elle ne comprenait pas qu’elle ne pouvait rien faire, elle qui était pourtant habituée aux espoirs insensés. Des larmes coulaient sur ses joues, et ses membres tremblaient.
-Nooon!
L'homme soupira dans un demi-sourire. Il tendit une main vers sa fille qui l'attrapa machinalement. La bouche d'April s'entrouvrit, mais aucun son n'en sortit. Elle vit son père rendre son dernier souffle. Elle poussa un dernier cri, un long « non », désespéré face à la mort. Elle enfouit son visage dans les vêtements de son père, qu'elle tenait de ses mains ensanglantées, et elle le secouait, dans l'espoir qu'enfin, il ouvrirait ses yeux. Mais c'était peine perdue. Il était partit.
La scène se rembobina, comme une cassette que l'on souhaite voir et revoir, encore et toujours, comme une horloge dont on remonte les aiguilles.
April se sentit tomber, avec une infinie lenteur ; sa chute sembla durer une éternité. Elle s’écrasa contre le sol, hoqueter, tant la douleur était grande. Elle tenta un regard vers son père. Il lui avait tourné le dos. Il s'était levé et maintenant, il marchait. Elle essaya de se redresser. Elle était en train de mourir. Du sang coulait de sa poitrine, et ruisselait sur le sol, nimbant la route d'un voile de soie vermeil.
-Papa, croassa-t-elle faiblement.
Il ne lui fit même pas l'aumône d'un regard.
Le cœur de la petite fille se remplit de tristesse. Elle mourrait et il l'abandonnait, comme ça, sans même la voir une dernière fois! Les yeux bleus d'April se ternirent, pourtant, dans la mort, elle emmenait la dernière émotion qu'il lui restait : la haine. Une haine dévastatrice, incurable, envers son père, ses parents qui n'étaient pas la pour elle.



Ouaip', Dol, t'as raison, c'pour ça qu'c'est un reproche
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Dol'
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 19:04 (2012)    Sujet du message: Un p'tit machin fait en Anglais Répondre en citant

J'ai repris, avec Aoi.
Pour finir, c'est plus fait à deux, donc je me permets de poster jusque là où on en est, avec son accord. (comme ça, au moins, elle laissera pas tomber è.é)

 
Citation:
Parfois, la vie nous réserve de mauvaises surprises...
Mais peut-on appeler celle-là ainsi?
« Je ne rentrerais pas ce soir. »
Voilà la phrase qu'entendit la mère d'April, ce matin-là, et depuis, April n'existe plus.

April était la deuxième enfant d'une famille aux revenus financiers moyens. Lors de son enfance, elle partageait une complicité sans bornes avec son grand frère, Tyler. Mais un jour...
Mais un jour, leur mère donna naissance à une enfant, Ally. Cette petite fille qui était le fruit d'une douloureuse dépression de leur génitrice, était considérée comme un miracle, presqu'une délivrance, un médicament. Depuis le jour où sa petite sœur ouvrit les yeux, April se sentait profondément meurtrie. Elle n'était plus au centre de l'attention. Seulement, une fois, ses parents l'oublièrent à l'école. Suite à cet événement, elle commença à nourrir une haine irréfutable envers eux. 
Tyler, lui, n'avait pas trop d'intérêt pour la nouvelle venue, mais la petite frimousse noire finit tout de même par l'attendrir. 
Les trois enfants grandirent dans la joie, la gaieté constante, en ce lieu convivial qu'est la maison.


                     C'est le genre d'histoires qui apaise la conscience... mais ce n'est pas la fin qui convient à tout ceci... 
 
Vous avez déjà regardé le plafond? Vraiment, je veux dire. Le fixer attentivement pendant des heures et des heures, immobile. Ce pétarouchnoc' de plafond, si blanc, si pur, si vide. En fait, April ne le faisait pas vraiment. Elle regardait dans le vide. En direction du plafond, mais dans le vide. A vrai dire, elle se sentait vide. Vide de toute émotion. Son regard vide louchait sur les fondations de l'hôpital. Mais tout ça… Tout ça se remplit bien vite. De larmes, un peu. De tristesse, beaucoup. Mais pas seulement. De la haine, aussi. Un mélange apocalyptique, étonnant chez une enfant si jeune. Ses cheveux blonds faisaient comme une couronne autour de son visage triste, ses yeux bleus surmontaient ses joues roses, creusées par les larmes taries qui, ensemble, avaient formé des sillons. D'un geste lent, fébrile mais déterminé, elle essuya ses pleurs. Ses parents ne méritaient même pas ça. Même pas la moindre chose d'elle, la plus petite attention, la plus petite larme, la plus petite pensée. Ils ne valaient rien. La main de la petite fille trembla alors qu'elle la reposait doucement sur son visage. Elle sentit encore une goutte couler sur sa joue, et mourir sur ses lèvres. A nouveau, un flot de pleurs se déversa, agrandissant les chemins fondés par les précédentes. 
Ploc.
Ploc.
Ploc.
Une larme, une pensée, un sentiment. Mais eux, avaient-ils seulement pensé à elle, en l'abandonnant à l'école?
April se retourna, seule dans son grand lit vide, pour s'allonger sur le ventre. Elle enfouit son visage entre ses bras, de façon à se couper du monde qui l'entourait. Elle renifla, sa respiration était saccadée. Une mèche blonde passa l'ouverture de ses lèvres et la petite fille la mâchouilla. Elle la recracha quelques minutes plus tard puis s'accroupit sur son lit pour poser sa tête entre les coussins. Dans son esprit défilaient encore les images de l'accident.

April attrapa son sac, qu'elle lança sur son épaule droite. Elle fit un sourire confiant à son institutrice.
- Vous inquiétez pas, madame, dit-elle, je connais le chemin.
Sans attendre de réponse, elle franchit le parvis de l'école. L'hiver était rude en cette période de l'année, et du verglas recouvrait la chaussée. La petite fille resserra ses bras autour de son manteau, se réchauffant. Elle se posait des questions. Pourquoi sa mère n'était elle pas venue? Pourquoi n'avait elle pas appelé l'école pour prévenir? Était-elle simplement en retard? Ou l'avait elle oubliée, toute son attention étant accaparée par Ally ? April fit sauter une légère plaque de givre avec le bout de sa botte avant de s'élancer sur la route. Un sourire amusé éclaira son visage : elle avait l'impression d'être à la patinoire. Elle fit quelques pas, glissa quelques mètres, tourna à droite, sûre d'elle. Dans son dos, un bruit de klaxon retentit. Elle n'y fit pas attention. Elle continuait à s'amuser. La voiture tenta de freiner. Mais, comme mentionné plus tôt, le verglas recouvrait le goudron. April se retourna lorsqu'un deuxième coup avertisseur fut sonné. Son visage se décomposa, comme effaré, effrayé. La dernière chose qu'elle vit fut l'automobile qui la percutait de plein fouet, l'envoyant quelques mètres plus loin. Le visage du conducteur fut projeté vers l'avant avec force, et heurta le pare-brise. Mais, avant que le voile noir de l'inconscience ne s'abatte sur elle, la petite fille eut le temps de reconnaître l'homme qui l'avait renversée...
Son père. Son propre père.

April battit des paupières. Une fois encore, elle bailla. Elle était fatiguée. Fatiguée d'avoir pleuré. Fatiguée de la vie. Mais elle préférait encore verser des larmes à la perspective de s’endormir, d’être à nouveau hantée par des cauchemars. Bientôt pourtant, elle se coula dans les doux bras de Morphée.
La petite fille se jeta par terre, devant le corps inanimé qui faisait face à son regard. Elle s'écorcha les genoux, et du sang coula sur le goudron, rejoignant celui de l'homme. Elle se vit appuyer ses mains contre la poitrine de son père, la comprimant, hurlant des « non ! » désabusés, entrecoupés de sanglots ravalés. Elle ne comprenait pas qu’elle ne pouvait rien faire, elle qui était tellement habituée aux espoirs insensés. Des larmes coulaient sur ses joues, et ses membres tremblaient. 
-Nooon!
L'homme soupira dans un demi-sourire. Il tendit une main vers sa fille qui l'attrapa machinalement. La bouche d'April s'entrouvrit, mais aucun son n'en sortit. Elle vit son père rendre son dernier souffle. Elle poussa un dernier cri, un long « non », désespéré face à la mort. Elle enfouit son visage dans les vêtements de son père, qu'elle tenait de ses mains ensanglantées, et elle le secouait, dans l'espoir qu'enfin, il ouvrirait ses yeux. Mais c'était peine perdue. Il était partit.
La scène se rembobina, comme une cassette que l'on souhaite voir et revoir, encore et toujours, comme une horloge dont on remonte les aiguilles. 
April se sentit tomber, avec une infinie lenteur ; sa chute sembla durer une éternité. Elle s’écrasa contre le sol, elle hoqueta, tant la douleur était grande. Elle tenta un regard vers son père. Il lui avait tourné le dos. Il s'était levé et maintenant, il marchait. Elle essaya de se redresser. Elle était en train de mourir. Du sang coulait de sa poitrine, et ruisselait sur le sol, nimbant la route d'un voile de soie vermeil.
-Papa, croassa-t-elle faiblement.
Il ne lui fit même pas l'aumône d'un regard.
Le cœur de la petite fille se remplit de tristesse. Elle mourrait et il l'abandonnait, comme ça, sans même la voir une dernière fois ! Les yeux bleus d'April se ternirent, pourtant, dans la mort, elle emmenait la dernière émotion qu'il lui restait : la haine. Une haine dévastatrice, incurable, envers son père, ses parents qui n'étaient pas la pour elle.
April se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Des gouttes de sueur perlaient à son front, qu'elle essuya d'un geste fébrile, à la suite de quoi elle poussa un profond soupir. Elle entendait le rythme de son cœur qui battait follement. Ce n'était qu'un rêve, un simple rêve ! Un RÊVE ! Elle jeta un coup d'œil circulaire à la pièce et se rendit compte qu'elle était encore seule. Son père était dans une chambre de l'hôpital, lui aussi, et toute sa famille devait être là-bas. La laissant seule. Elle en était à présent sûre: ses parents ne se souciaient pas d'elle, comme le prouvait le fait qu'elle soit seule dans une chambre si immense. Mais cette pièce était elle vraiment grande? Ou celle dans laquelle elle vivait, chez elle, avait vraiment les dimensions d'un placard? Elle s'assit sur le rebord du lit, ses jambes pendant dans le vide. Des feuilles attirèrent son attention. Son suivit médical. Elle écarquilla les yeux d'incrédulité: ils avaient fait une faute à son prénom, et ses parents ne s'étaient rendus compte de rien, comme l'attestait la signature en bas de page.
A nouveau, une haine sans bornes l'envahit. Disparue, l'innocence. Disparue, l'enfance. Disparus, les jours heureux. Disparu, l'amour. April se recroquevilla dans ses draps qu'elle froissa. Elle emmêla ses mains dans ses cheveux, les tirant avec force, comme si, dans la souffrance, elle trouverait enfin un refuge. Sa bouche s'arrondit en une grimace de colère. Elle n'y arrivait pas. Elle voulait avoir mal… Mal ! Oublier. Ne plus se souvenir, oublier, un sentiment si bon, réconfortant. Oubli rime-t-il avec bonheur? Le bonheur de ne pas savoir à quel point l'on a été triste? Elle enfouit son visage dans ses bras et se mit à pleurer. Elle gémissait. Avant, elle pensait qu'avec le temps, elle ne sentirait plus les larmes. C'était faux. Chaque pleur, on le lui arrachait violemment du cœur, on lui enlevait une part  d'elle-même. Jusqu'à ce qu'on lui prenne tout, qu'elle soit vide, plus qu’un cocon creux qui trainerait son chagrin sourd et son amour perdu. Elle refusait de croire l'odieuse vérité, et en même temps, elle pleurait. Car maintenant, elle savait que c'était fini, elle ne repoussait plus l’échéance, ne se voilait plus la face,  voyait ce qu’elle refusait d’admettre, alors que c’était pourtant si évident. Les lamentations ? Inutile. Les gémissements ? Pathétique. Son cœur ? Solitaire. Son amour ? A sens unique, nourri d’attentes perdues. Tout ça, c’était mort. April  repoussa ses couvertures et se leva enfin, ses pieds nus foulant à peine le sol de l'hôpital. Elle s'approcha du mur, y fit courir sa main. Elle esquissa un sourire de satisfaction et renversa la tête en arrière, s'appuyant sur la séparation des deux chambres contiguës. Elle ferma les yeux pour ce qu'elle espérait être la dernière fois, et envoya son visage avec force vers l'avant, un sourire encore au bord des lèvres. Son crâne heurta avec violence le mur blanc, le constellant de tâches rouges. April laissa échapper un petit cri de douleur, mais recommença avec plus de conviction encore. Elle entendit un craquement sinistre, puis plus rien. Elle se sentit choir, comme une poupée de son à laquelle on aurait coupé les cordes. Les cheveux de l'enfant retombèrent devant son visage, le masquant presque totalement. Alors qu'elle sombrait, la porte s'entrouvrit, mais fut bloquée par le corps devenu mou de la fillette.
Ally entra. Elle fit passer une de ses petites jambes potelées par dessus le corps de sa sœur, et s'assit à califourchon sur elle. Elle tira les cheveux d'April et la tête de celle-ci décolla légèrement du sol. Le bébé appuya son index sur la joue de son ainée, inerte. Sa lèvre trembla lorsqu'elle vit le sang qui s'écoulait du front de l'enfant. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Les talons frappaient le sol carrelé de l'hôpital. Dans la lumière propagée par la porte qui n'était pas refermée, une silhouette de femme se découpa et se pencha vers Ally qui tendit les bras, reconnaissant le visage de sa mère. Elle enfouit sa tête dans le cou de sa génitrice, soustrayant son regard au corps étalé sur la moquette de la chambre. La femme passa tendrement sa main dans les cheveux de sa petite dernière alors qu'elle regardait April. Elle s'approcha du mur qu'elle effleura, teintant ses doigts de la même couleur écarlate. Elle soupira.
-Quelle idiote, lâcha-t-elle enfin.                                                                                                                                                                                           
 Elle relâcha Ally qui s'approcha encore de sa sœur. Celle-ci se sentait tomber. Elle sentait comme un vent frai qui agitait ses cheveux, jouait dans ses vêtements. Comme une brise légère qui la caressait. Elle était à l'abri de tout, protégée de rien. Elle savait qu'elle ne tombait pas, pas matériellement, mais elle sentait son esprit l'abandonner. Délaissée, elle se sentait démunie. Seule, elle se sentait  pourtant libre. En fait, elle sombrait dans le coma. Un coma profond, dont l'issue en était encore incertaine.
Mais savez vous seulement ce qu'est le coma ? Cet état d'impuissance auquel on est livrés. Cet état dont les gens ne connaissent rien, alors qu'ils croient tout savoir. Cet état où tu te sens comme paralysé, infirme. Ils disent que lorsque l'on y plonge, c'est comme un sommeil qui dur longtemps, et dans lequel on peut rester des années, ou tout simplement ne pas en sortir. April n'était qu'une enfant. Les gens ne misent jamais rien sur les enfants. Pour eux, c'était simple. April était morte. La petite fille entendait la discussion des infirmières, et de ses parents autour d'elle. Ils convinrent de la laisser à l'hôpital un mois. Si au bout d'un mois, elle ne revenait pas, ils pratiqueraient une euthanasie. April se sentait désespérée. Elle tenta de se relever, leur dire qu'elle n'avait rien, et partir, partir à jamais, les laissant là. Sa famille, ses souvenirs, sa douleur. Laissant tout là bas, et ne plus jamais y penser. Mais son corps ne lui obéissait pas. Son esprit était intact, mais il était comme débranché de son corps. Elle fit face à l'horrible réalité : si, dans un mois, elle n'arrivait pas a réveiller sa prison de chair, elle serait morte à jamais. Mais l’état dans lequel elle se trouvait n’était il pas pire que la mort ? L’euthanasie valait elle mieux qu’une attente interminable ? Une autre question se pausait cependant : qu’y a-t-il après notre trépas ? Le néant ? Le paradis ? L’enfer ? Un retour à zéro ? Une nouvelle existence ? Qu’en savons-nous vraiment ? Rien. On n’en sait rien. Peut être que ce n’est rien d’autre qu’un sommeil éternel, peut être vivons nous à nouveau, peut être que la mort n’est en fait que le début de l’existence réelle. On est nés pour mourir, n’est ce pas là la logique des choses ?











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