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ellia
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 17:21 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Je crois qu'on peut m'inscrire, même si je n'ai pas terminé le texte. Je tenterai de rendre dans les délais^^"
Je rendrai dans les délais, non mais. Il me reste au moins 400 mots à écrire, mais ça va le faire.
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 17:21 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Aoi
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 17:57 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Cool.
N'oubliez pas de me rendre vous textes, tous ceux qui se sont inscrits, hein.
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ellia
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 17:58 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

On peut vraiment pas mettre la phrase au présent, comme le demandait Jik? C'est plus vivant, pour certaines situations. Et ça ne change pas les sens de l'histoire... Stoin stoin
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Aoi
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MessagePosté le: Mar 26 Juin - 18:00 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Bon, comme ça fait trois fois qu'on me le demande, j'accepte.
Mais j'ai pas l'avis ni d'Elyon ni d'Eni, mais pas grave, on fera comme ça.
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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 03:21 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

J'ai envoyé mon texte, je participe donc aussi!c'est pas le meilleur mais bon XD Bonne chance à tous :)
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Elyon
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 15:59 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Aoi, peux-tu poster les nouvelles que tu as reçues (en spoiler, sans les pseudos)? Il faut aussi que tu trouves quelques membres non participants pour les juger, avec toi.
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Aoi
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 16:07 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Jour de délivrance

Le ciel était noir et menaçant, un éclair transperça les sombres nuages, le tonnerre gronda, et la pluie commença à tomber: c’était mon dernier jour. J'étais assise dans mon bureau quand l'idée m'est soudain venue, comme une illumination alors que le ciel rugissait de rage et que les nuages pleuraient toutes les larmes de leurs peine. Je devais mettre une terme à tout cela. Je n'en pouvais plus de mon passé difficile et de ma vie quotidienne me tuant un peu plus chaque jour. J'écrivis une lettre à mes proches, tentant d'abréger mon message, car selon eux, j'écris toujours de trop gros romans. Puis je réfléchis au comment, les réponses m'apparurent assez rapidement, simplement. Quand j'eus un plan bien défini, je me dirigeait dehors. L'hiver approchait, la pluie était froide et l'air glacé vous coupait le souffle, mais malgré tout cela, je ne pris pas la peine de mettre mon manteau. Malgré tout, je n'avait pas froid, non, je ne ressentait rien de tout cela, car dans ma tête j'étais déjà morte, comme déconnectée du reste du monde. Alors que j'avançais en direction du pont du parc des chutes, je croisais des gens et les saluait toute souriante, pourtant je n'avait même pas conscience que je les croisait, comme je ne me souvenait plus un instant après les avoir salués... J'étais ailleurs, comme dans un mécanisme de survie s'étant mal enclenché. Quand je fut arrivé à destination, j'étais surprise, car le temps de la marche m'avait paru moins long que d'habitude. En fait, je m'y étais rendu mécaniquement, je me souvenait donc pas avoir marché jusque là. Je m'avançais alors sur le petit pont métallique, regardant la chute qui coulait dans un bruit sourd sous mes pieds. On aurait pue dire qu'elle tentait de faire compétition au tonnerre qui hurlait toujours. Mes pat résonnaient en échos sur le métal et les lieux étaient vident de toutes vies, c'est comme si on m'avait dérouler un tapis rouge pour accéder à la liberté. Mon cœur avait trop mal, ma tête était remplie de souvenir horrible, mon corps était une machine qui portait une âme déjà morte et grugé de l'intérieure. Malgré tout, à ce moment précis je n'avais pas envie de pleurer, j'allais mettre fin à la douleur et de toute façon j'avais déjà sortie toute les larmes qu'un corps peut contenir je pense. Je regardait en bas avant de m'élancer, si je ne pouvait mourir en m'écrasant sur les rochers, l'eau s'occuperait du reste. Elle étoufferait ma douleur, m'empêchant à jamais de crier, de pleurer, de souffrir. Sans m'en rendre conte, je m'étais déjà glissé de l'autre coté de la barrière me tenant après les barreaux, il me suffisait de tout lâcher et de faire un pas vers l'avant. C'est si simple mourir quand on y pense... Avant de me lancer, je me remémorais tout: les viols répétés, l'intimidation au quotidien, les menaces aux couteaux, la perte d'être cher, le délaissement et désintérêt de mes parents, plus récemment ma peine d'amour, etc. J'ai regretté chaque jour de ma vie, mais celui-ci allait faire exception, elle s'appelait pour moi: jour de délivrance. Puis certaines questions me venaient en tête. À qui j'allais manquer? Évidemment personne, je suis un poids pour tous, ils seront heureux d'apprendre ma mort. Est-ce que je pourrais rentrer chez moi et changer ma vie, me reprendre en main? Non, j'en avait plus la force, je me suis battu trop longtemps et c'était un combat perdu d'avance. Au ciel, les nuages commençait à ce dissiper laissant place à la lune. Elle était belle, fascinante, jamais je ne l'avais vue comme ça auparavant. Elle était lumière dans la noirceur, si au moins il y avait une une telle lueur d'espoir en moi, comme la pleine lune est au humains, pour moi l'espoir était quelque chose d'inaccessible. Je versais alors une larme devant tant de beauté, ma dernière larme, reflétant la lumière de la lune comme une perle. Je fit dos aux vide qui m'attentait, m'allongeas les bras et me laissa tomber, visage tout sourie, alors que j'entre-vue la personne que j'aime courir et essayer de me rattraper. Il était trop tard, c'en était finit de moi, enfin je pouvait, pour la première fois, dormir paisiblement. Les cris de mon amour, provenant du pont résonnait comme une douce berceuse à mes oreilles. J'étais rassuré de savoir que je manquerais à une personne en ce monde. Ainsi, même si il ne m'aimait pas d'amour, il m'aimait d'une amitié certaine. Adieu, je vais veiller sur toi... Je t'aime....


Certains disent que les suicidaires sont des lâches, sans connaître leur histoire, sans savoir comment on ce sent avant de commettre l'acte. On ce sent tout simplement déconnecté, agissant sans conscience. Certain vont même éclater de rire, d'autre ne montrent aucune émotion. Il est difficile d'aider une personne dépressive, car il n'y a pas toujours de signe précurseur. Les gens les entourant ont aussi tendance à s'éloigner et en avoir marre de l'état de l'autre. Souvent les dépressifs sont même très méchant avec ceux qu'ils aiment, mais il ne faut pas au contraire s'éloigner car cela peut être un élément déclencheur. Il faut se montrer fort, patient et demander de l'aide. Si la personne est laissé à elle-même, elle ne verra aucune bonne raison de rester. Il est dur de comprendre les maladies invisibles mais elles sont bien réelles. La dépression est une maladie, pas un caprice ou un besoin d'attention. Prenez-le pour dit.



Le ciel était noir et menaçant, un éclair transperça les sombres nuages, le tonnerre gronda, et la pluie commençait à tomber : c’était mon dernier jour.


Et oui… C’était mon dernier jour… Mon tout dernier dans ce monde…


Un dernier éclair et je parti instantanément, j’avais une dernière chose à faire avant de me sauver comme un voleur. Je descendis une pente, traversai une rue relativement animée… C’était intriguant et donc ma curiosité m’ordonna de regarder ce qu’il se passait. Ah oui ! C’était le festival de danse de la ville ! Qui aurait cru qu’il aurait eu lieu par ce temps à ne pas laisser un chien dehors. Les gens étaient joyeux, ils riaient, dansaient et discutaient… Toute cette joie condensée dans un seul évènement était troublant… Et je fus même tenté d’aller rejoindre cette allégresse mais je me retins… Après tout je ne suis qu’une personne de l’ombre, celle qui ne se montrait pas en public, fuyait la foule comme les voleurs qui évitaient la police. Je n’étais pas fait pour vivre entouré de monde. Je préférais de loin être seul avec mon seul ami qu’était mon imagination.


Je m’éloignais doucement et peut-être avec regret de cette foule joyeuse… J’avais quelque chose à faire avant de quitter ce monde et c’était très important pour moi.


Je continuais mon chemin sous la pluie qui martelait mon chapeau avec force et qui se déversait devant mon visage pensif emmitouflé dans une écharpe verte pomme qui était la seule couleur tape à l’œil que je portais. Les nuages empêchaient la lumière du soleil de m’illuminer de sa douce chaleur et l’orage faisait fuir toute pensée chaleureuse… C’était un temps à ne pas laisser un chien dehors, vraiment !


J’arrivai devant un grand bâtiment qui était assez dur à décrire car je ne voyais pas grand-chose mais je pouvais dire que c’était la bibliothèque… Mon endroit préféré…


J’ouvris la grande porte qui fit un grincement tellement sinistre qu’on se croirait dans un bâtiment hanté. Il n’y avait pratiquement personne, il ne restait qu’une jeune fille qui devait lire un bouquin très intéressant pour être aussi concentrée, un homme qui devait s’ennuyer car il piquait du nez et la jeune femme à l’accueil qui devait être une nouvelle car je ne l’avais jamais vue ici.


Je fis un signe de tête à la jeune femme et elle me le rendit avec un sourire. Je me baladais dans les étagères et arrivai enfin à la lettre « S » et avec excitation ouvrit un livre à la reliure de cuire un peu usagé avec le temps. Je l’ouvris instinctivement à la page 201 et trouvai une lettre. Je la pris instantanément, la rangeai dans la poche intérieur de mon manteau noir et m’apprêtais à sortir quand la jeune fille qui était concentrée dans son livre leva le bout de son nez et vit avec effarement quelque chose qui l’a fit crier.


« Monsieur ! Vous êtes blessé ! s’exclama-t-elle avec panique en montrant mon bras gauche. »


Avec surprise je regardai mon bras et vit en effet une tache rouge. Il semblerait que ma blessure s’était ouverte mais je n’avais pas envie d’aller à l’hôpital… Donc avec un air se voulant rassurant je répondis :


« Vous en faites pas ce n’est rien de bien grave… »


Je m’apprêtais à partir en passant devant l’homme qui avait fini par s’endormir mais la jeune fille m’agrippa le bras, me lança un regard sérieux et m’ordonna :


« Vous devez aller à l’hôpital ! »


Je n’avais pas vraiment le temps de discuter avec elle, j’avais un horaire précis et j’allais être en retard. Donc pour me débarrasser d’elle je lui jetai mon écharpe et lui dit :


« Gardez ça pour moi s’il vous plait… Je reviendrais vous la chercher, promis. »


La jeune fille me regardait bouche bée et n’eut aucune réaction. En voyant cela je ne pus m’empêcher de rire bêtement mais il s’étouffa très vite lorsque je sortis et m’aperçus que le temps avait empiré… C’était un déluge qui tombait !


M’assurant que la lettre ne risquait rien, je me mis en route. L’orage continuait de tambouriner comme un dingue mais la seule de chose bien qu’il apportait était la lumière par coup. Soudain je vis une ombre qui se dirigeait vers moi, elle était petite comme un petit chien et je n’avais pas tort lorsque je vis l’ombre arriver à mes pieds… C’était un chiot, un tout petit chiot qui me regardait avec désespoir. Il faisait vraiment pitié avec ses poils tous mouillés et son corps tremblant. Il geint avec mélancolie et je le pris, le couvrant fermement dans mon manteau et lui dis :


« Restes bien sage. »


Il me lécha le visage comme pour me remercier et je repris mon chemin mais cette fois accompagné.
J’avançais, marchais et continuais ma route vers mon objectif. Je devais le faire même si la pluie devait m’emporter dans sa fureur, même le tonnerre grondant ne me faisait aucun effet et en plus j’avais de la compagnie. Donc aucune raison pour abandonner.


Je traversai la place qui était quasiment déserte, il ne restait qu’une personne qui était planté devant le monument au mort avec un parapluie. Une fois plus proche je remarquai que c’était un vieil homme. Il s’aperçut de ma présence et avec un sourire me conseilla :


« Le temps n’est pas vraiment apte pour faire une balade vous ne croyez pas ?


-Certes pour une balade ce n’est pas vraiment le temps pour, mais pour une mission ce n’est pas un problème, répondis-je


-HAHA ! ria-t-il de sa voix rauque. Faites donc très attention. La foudre est proche et il se pourrait qu’elle puisse frapper.


-Alors rentrez chez vous aussi, conseillais-je


-Je vais suivre votre conseil, répondit-il. Faites attention à vous ! »


Il me salua et quitta la place, le chiot me regardait avec intérêt comme s’il voulait savoir ce que je faisais sous ce temps.


« Tu verras bien, répondis-je en caressant le bout de son museau. »


Il émit un aboiement comme s’il voulait montrer qu’il m’avait compris.


Je quittai enfin la ville et me rendis à la falaise qui bordait la mer, chose à ne jamais faire vu de ce temps mais je n’avais pas le choix.


J’étais enfin sur la falaise sous la pluie battante et je vis avec stupéfaction la mer qui se déchainait avec tellement de rage qu’on pourrait croire que les océans ont décidé de prendre leur revanche sur les humains.
Je pris la lettre que j’avais récupéré à la bibliothèque et l’ouvrit sous la pluie battante. Je reconnus aussitôt son écriture petite et aérée.
Mon ami,
Si tu lis cette lettre c’est que tu as décidé de m’écouter juste avant que je ne parte (et que je te blesse le bras par la même occasion mais c’était une petite revanche pour la dernière fois que j’avais été blessé par ta faute). Je ne sais pas si tu arriveras à me pardonner pour être parti si rapidement mais comme mon grand-père me disait les rêves n’attendent pas, donc il faut y aller. J’espère aussi que tu as ouverte cette lettre le jour de la fête de la musique sinon cela enlève tout son charme…
Quel idiot !

Tu dois te sentir seul maintenant que je suis parti et donc je me suis dit que je devais te donner un conseil. Souris et ouvres toi aux personnes ! Tu verras que tu ne seras plus jamais seul. Ce départ pour moi et un départ pour ton nouveau toi. Ne t’enfermes pas et sors !
Je ne sais pas quand on se reverra mais je suis sur que cela arrivera bien un jour. Mon voyage prendre peut-être un an voir dix ans mais on se recroisera. Et j’espère que tu auras changé. Depuis qu’on est nourrisson on se connait et je n’ai pas l’intention de détruire ce lien qui nous unit. Tu es quelqu’un de bien et fais en sorte de continuer à l’être (sinon tu auras à faire à moi quand je te reverrai).
Alors ce n’est pas un adieu mais un simple au revoir ! Durant ce temps, tâches de prendre soin de toi.
A mon très cher ami.
Unknow


Quel crétin ! Mettre ce foutu pseudo alors que je sais très bien de qui est cette lettre !

« Monsieur ? Qu’est ce que vous faites ici ? me demanda une voix familière »


Je me retournai et vis la jeune fille de la bibliothèque qui semblait essoufflée et trempé jusqu’aux os. Cette idiote n’avait même pas pris la peine de mettre un manteau avant de sortir.


« Pourquoi vous m’avez suivi ? En plus dans une tenue comme celle-là ! Vous êtes idiote ou vous le faites exprès ?


-Et vous ! Vous n’êtes pas mieux, debout devant une mer déchainée en train de lire une lettre sous cette pluie ! Vous auriez tout aussi bien la lire à l’intérieur !


-Non ! Il fallait que je la lise à cet endroit, car c’était là où mon ami et moi avons passé tout notre temps ! Et puis ce ne sont pas vos affaires !


-Vous devriez arrêter de me vouvoyer, fit la jeune fille un peu gênée. Je n’ai que dix-sept ans.


-Et moi je n’ai que dix-huit ans et tu me vouvoies bien ! »


La jeune fille semblait étonnée par ce que je venais de dire.


« Pourtant vous n’avez pas l’air d’avoir dix-huit ans !


-Car tu n’as jamais vu mon visage. »


Je retirais mon chapeau qui faisait de l’ombre sur mon visage et laissa la jeune fille remarquer par elle-même que je n’étais pas vieux.


« Mais tu as un chien ! s’exclama-t-elle en se rapprochant soudain du chiot un peu tremblant. En plus il semble être frigorifié. »


Comment avions nous pu passer de mon âge au chien ? Cette fille était vraiment bizarre.


« J’ai quelque chose pour toi, dit –elle au chien en sortant quelque chose. »


C’était mon écharpe ! Elle l’accrocha au cou du chien et elle me regarda avec un sourire.


« C’est mieux comme ça non ? »


Soudain la foudre tomba sur la mer, éclairant le visage de la jeune fille qui était mouillée, je ne parlais même pas de ses cheveux châtains qui bouclaient avec la pluie. Je lui mis mon chapeau sur sa tête et elle me regarda avec surprise.


« Tu devrais mettre plus de vêtements quand tu sors de ce temps-là.


-Et toi tu ne devrais même pas sortir de ce temps-là, sourit-elle. Que dirais-tu de prendre un chocolat chez moi ? En plus mon grand-père et ses amis vont nous faire un petit concert pour la fête de la musique. »
Je réfléchis longuement puis répondis :


« Pourquoi pas. »


Effectivement… C’était bel et bien mon dernier jour dans ce monde. Ce monde qu’est la solitude, je lui tourne le dos maintenant. Il semblerait que j’ai eu deux coups de foudre un sur la mer et l’autre à l’intérieur de moi. Tu va être content quand on se reverra mon ami. Je suis sur que j’entendrais tes exploits jusqu’ici espèce de taré !

Le ciel est noir et menaçant, un éclair transperça les sombres nuages, le tonnerre gronda, et la pluie commença à tomber: c’est mon dernier jour. La fenêtre s’ouvrit violemment à cause du vent en faisant un bruit de fracas contre le mur. Je n’ai même pas la force de la refermer, je la laisse donc ouverte ce qui laisse le froid entrer n’améliorant pas mon cas. Est-ce que le ciel ressent mon inquiétude, ma tristesse et surtout simule mes pleurs de détresse dans ces averses interminables. La peur, c’est se qui me hante en ce moment, la peur de quitter celui auquel je me suis si longuement, si intensément attachée et surtout celui qui a su me réveiller de mon sommeil glacial, qui a allumé le feu dans mon cœur de glaçon et qui l’a fait fondre pour me laisser ce bout de chair pétillant de vie. Peur, oui, j’avais peur de lui avouer mais maintenant c’est trop tard puisqu’en ce jour, je le laisserai pour toujours. Non, je lui serai arrachée, arrachée par cette maladie.
Le SIDA, c’est ce virus qui s’est introduit, incrusté dans ma vie. Les médecins m’avaient donnés six mois, et il s’avère qu’ils avaient raison. Je me suis affaiblie de jour en jour, je sentais la vie me quitter au fil du temps et pourtant j’avais toujours la force de lui mentir, à lui, lui qui ne m’avait jamais menti, je me déteste réellement et après réflexion, je me dis que je mérite finalement mon sort.
Aujourd’hui, je sens l’odeur de la mort qui m’avait poursuivie toute cette durée, je la sens qui rode autour de moi comme un rapace attendant de lancer l’assaut sur sa proie, aujourd’hui les six mois que le médecin m’avait donnés prennent fin, je le sais car je n’arrive plus à tenir sur mes jambes, mon corps est las de combattre et aujourd’hui, il a décidé de céder.
Quelqu’un toque à la porte et je ne me demande pas qui ça peut être puisque je sais que c’est lui, il est venu me rendre visite comme il fait chaque jour à cette heure. Je me lève et énormément de peine pour me diriger vers la porte, heureusement que j’habite dans un studio, je n’aurais pas eu la force de traverser un long couloir. Avec tout autant de peine, je tends le bras pour tourner la poignée et lui ouvrir la porte. A peine eut-il le temps de la traverser que je lui tombe dans les bras, vidée de toutes mes forces ayant utilisé ce qui m’en restait dans mon précédent effort. Il me rattrape de justesse, dieu que j’aime être dans ses bras, pourquoi la vie va-t-elle m’en priver ?
Il me regarde avec son sourire si chaleureux qui réchauffe quelque peu ma peau gelée.
« Tu devrais te ménager un peu, dit-il doucement
Hm, répondis-je d’une voix presque inaudible »
Il me repose sur mon lit comme une poupée de porcelaine et m’allonge en faisant très attention
« Je commence à m’inquiéter, ta santé ne s’améliore pas, tu es sure que ce n’est que de la grippe ? me demanda-t-il en me lançant un regard comme s’il m’incitait à dire quelque chose »
Je lui souris faiblement en guise de réponse, comment trouve-je encore la force de lui mentir, non, cette fois-ci, je dois me résigner à lui dire la vérité, ce jour-ci, je ne peux indéfiniment pas lui mentir. Mais comment pourrais-je lui dire, comment pourrais-je lui annoncer qu’aujourd’hui est le dernier, que demain, je ne serai plus à ces cotés où plutôt qu’il ne pourra être aux miens.
Il regarde la fenêtre ouverte avec un air étonné.
« Qu’est-ce qui t’as pris d’ouvrir la fenêtre par un temps pareil ?me demanda-t-il »
Je ne lui répondis pas une nouvelle fois me contentant de prendre une mine désolée, je frissonnai sentant le froid glacial de cette journée me transpercer la peau jusqu’aux os. Il me couvrit mieux et se leva pour fermer la source du froid. Devant la fenêtre, les faibles rayons de soleil qui pouvaient traverser le rideau épais de nuages gris éclairèrent son visage angélique, ses deux saphirs brillaient au contact des filets de lumière, ses cheveux d’ébènes soyeux jouaient avec le vent. D’un geste gracieux de sa main, il referma la fenêtre et la chaleur remplaça progressivement le froid. Il resta là un instant, à regarder les cordes de pluie tomber alors que moi j’étais en pleine admiration devant cet homme si parfait, je m’extasiais sur lui. C’est alors que ma maladie me sortit une nouvelle fois du bonheur, je commençai à tousser et à trembler violemment. Le moment était-il venu ?Je m’effondrai sur mon lit en crachant du sang. Il vint rapidement me rejoindre en me serrant la main et en adoptant ce sourire toujours aussi chaleureux, seulement cette fois, il y avait comme une pointe de tristesse. Je le regardai avec un air interrogateur mais au fond, je crois avoir compris ce qu’il veut dire.
Allais-je continuer à lui mentir jusqu’à le quitter sans explication ? Mais si je lui disais, comment serait sa réaction ? Me repousserait-il ? Me priverait-il de son sourire avant que je ne le quitte ? Et pire, me prendrait-il pour ces filles qui se vendent dans les rues pour quelques sous ? Certainement oui, car c’est tout ce que je suis, du moins, ce que j’étais, ce que la vie m’a obligé de faire, pour qu’en fin cette vie même me soit arrachée par ce métier. Mais avais-je le choix ? Pouvais-je vivre sans parents, sans argent dans les cartiers les plus mal fréquentés de la ville ?
Non, je ne pouvais rien faire, abandonnée à la rue alors que je n’avais que sept ans, une boite m’avait recueillie ou plutôt repêchée, au moins j’avais de quoi manger, c’est ce que je me disais à l’époque mais dès que mon corps se développa assez, cette bouée de sauvetage se transforma en un véritable cauchemar auquel je préfère largement de mourir de faim. Des machines à satisfaction, voilà ce que nous étions, des machines pour satisfaire des chiens galeux surexcités et en besoin. Ils disaient que c’était normal et que nous ne faisions que payer nos dettes, après tous, ils nous avaient sauvées de la mort et nourries et logées pendant des années mais si je savais ce qui m’attendais, je me serais donnée la mort moi-même. Je fus vendue, utilisée pour une nuit et revendue encore une fois pour la suivante et vu que la boite ne nous procurait aucune protection, il était prévisible d’attraper ce maudit virus, ce qui m’arriva et à quelques autres filles. Peu à peu, nous sommes devenues incapables de travailler, donc inutiles. Mon tout premier cauchemar se répéta, je fus jetée à la rue et laissée pour morte mais ce qui me semblait être un nouveau cauchemar fur le seul rayons de soleil qui vint éclairer ma sombre existence, ce rayon c’était lui. Je fus repêchée une deuxième fois mais cette fois-ci j’étais réellement recueillie dans un foyer. Sa gentillesse me fit rapidement tomber amoureuse de lui mais je n’eus jamais la force de lui avouer ma véritable maladie, il valait mieux que ma vie précédente reste dans l’obscurité comme elle l’a toujours été. Je lui ai mentis et j’ai toujours trouvé la force de le faire, mentir me semblait plus facile que la vérité mais aujourd’hui, je ne pourrai plus continuer, je dois définitivement lui avouer et me résoudre à accepter l’injustice de la vie, et le sort de la mort.
Je le regardai longuement et me noyai dans l’océan de ses yeux, la chaleur de son sourire, la douceur de sa main autour de la mienne.
« Je…suis désolée, dis-je doucement »
Il resta silencieux en gardant toujours la même expression comme s’il n’avait rien entendu.
« …de t’avoir menti tout ce temps »
Mais encore une fois, je n’eus aucune réaction, aucune réponse.
« Tu dois savoir, parce que si je ne te le dis pas maintenant, je ne le dirai jamais. J’espère juste que tu ne me priveras pas de ton sourire après ça. Avant que tu ne me rencontre j’étais une pro- m’arrêtai-je en sentant une pression sur mes lèvres »
Je me ressaisis un instant pour reprendre un instant mes esprits, ses lèvres, ce sont ses lèvres qu’il avait mis sur les miennes, est-il en train de ? Un rêve, oui c’est un rêve. Il ne peut pas être en train de m’embrasser, moi. Pourtant cette sensation, c’est bel et bien réel. Il se détache de moi en reprenant sa précédente expression.
« Tu n’es pas besoin de le dire, tu n’es pas obligée, et je sais que tu n’as pas envie alors ne le dis pas. Ce que tu veux me dire, je le sais déjà mais je t’ai toujours traitée comme si je ne savais rien parce que je sais qu’à un moment ou un autre tu te sentirais mal à l’aise. Je ne t’ai pas privé de ce sourire tous ce temps, alors je ne t’en priverai pas maintenant, surtout pas maintenant, me dit-il chaleureusement »
Je commençai à pleurer comme je ne l’avais pas fait depuis que j’avais réalisé que ma vie n’avait plus aucun sens.
« Je suis désolée…merci…de ne pas me priver … de ton sourire, dis-je dans un dernier soupir »
C’était ce que j’ai toujours voulu, fermer les yeux sur son sourire. Il me prit dans ses bras en me chuchotant :
« Ne sois pas triste, même si tu pars, pour moi, tu seras toujours présente, dans mon cœur, me chuchota-t-il »
Mon visage fable fur ornée d’un faible sourire paisible, mes paupières s’alourdirent, mon corps devint inerte et je fus plongée dans le noir.



Le dernier jour.
Le ciel était noir et menaçant, un éclair transperça les sombres nuages, le tonnerre gronda, la pluie commença à tomber : c'était mon dernier jour. Mon dernier jour avant que je ne me fasse exécuter en place publique.
A travers les barreaux occultant un trou dans ma cellule, je regardais ce ciel si coléreux. Toutes les personnes du villages devaient être cloîtrées chez elles. Leurs esprits bien loin de ce qui allait ce passer demain.
La sentence de mon exécution, prononcée lors de mon jugement était infondée. Je n'avait tué personne. Le manque de preuve avait retardé le jugement. Mais une somme grassement payée envers le tribunal, par les proches de la victime, avait précipitée ma condamnation. Ils avaient besoin d'un coupable. Pour masquer leurs méfait. J'avais vu la sœur de la victime assassiner son frère. Je le savais. La famille le savait. Mais personne ne voulais m'entendre. J'étais là lors du crime, et cela était suffisant aux yeux des juges. Amplement.
A ma cheville droite traînait une lourde chaîne rouillée. Cette chaîne rassurait les gardiens de la prison : je ne pouvait pas faire plus de dix pas autour de mon lit. Enfin... La planche recouverte d'un drap qui me servait de lit.
Une grande bourrasque de vent s'engouffra par le trou qui tenait place de fenêtre. Je me recroquevillai sur moi même pour faire face au froid soudain. Je n'avais sur moi qu'une simple tunique de prisonnière en toile marron. Maigre défense contre le temps d'aujourd'hui.
La tête sur mes genoux, mes longs cheveux noirs traînants par terre, j'essayais de faire le point. Ma vie, jusque là, n'avais pas été extraordinaire. Je n'étais qu'une simple fille dans une famille comportant six autres garçon. Je devais aider ma mère, tous les jours, pour les tâches ménagère comme la cuisine, le lavage... Tout cela pendant que mes frères fanfaronnaient dans des tournois.
Aucun membre de ma famille ne le savais, mais j'empruntais des armes, et certaines nuits je m’entraînais à manier l'épée, et m'exerçais au combat à mains nues. Me battre, même contre le vent, ou un pantin me donnait une impression de puissance. Cela compensait des tâches ingrate durement effectuées lors de la journée.
Un homme passa devant ma cellule.
« T'endors pas p'tite. Le clerc va passer te rendre visite. Et puis, qui sait ? Il va peut-être réduire ta peine... »
Réduire ma peine ? Pour quoi ? Une condamnation à perpétuité ? Non merci. Et puis je me doutais que quelqu'un allait le payer pour qu'il n'en fasse rien.
Quelques minutes plus tard, un homme plutôt âgé, habillé d'une longue robe blanche entrait dans ma cellule. Quelqu'un lui apporta une chaise et referma la porte de la prison. Il ne prononça qu'un seul mot :
« Pourquoi ? »
Je releva la tête. Le toisant d'un regard méprisant. Je me dis qu'il valais mieux ne pas répondre. Il ne posait pas la bonne question. Cet homme ne me demandait pas Pourquoi. Pourquoi avais-je été accusée à tors.
Nous restâmes la moitié de la journée comme ça. Jusqu’à ce qu'un gardien vienne nous dire que c'était l'heure du dîner.
« Voudriez-vous la revoir après ?
- Non. »
Le clerc passa près de moi, et s'en alla comme il était venu.
Le gardien vint détacher la lourde chaîne traînant au bout de ma jambe et me pris solidement par le bras.
Je ne prêtais aucune attention à la nourriture dans mon assiette. Je ne savais pas si je mangeais de la viande, avec une purée de pommes de terre infâme, ou du poison, avec du riz si collant que l'on ne pouvait l'avaler qu'en une seule bouchée.
La table où j'étais assise étais vide. Autour je savais que l'on parlais de moi :
« Seulement dix-huit ans... La pauvre c'est jeune pour une exécution. » Avais-je réussit à entendre.
Cette personne avait raison. Je tenais à ma vie. Aussi courte et dure avait-elle été, je ne voulais pas qu'elle s'achève. Pas maintenant. Je voulais encore rire, pleurer, aimer et détester. Plus jeune, mon ambition était de me battre pour mon peuple. Comme mes frères. Maintenant, je voulais me battre pour ma survie.
Une cloche sonna la fin du repas. Il ne restait rien dans mon assiette. J'avais tout avaler sans même m'en rendre comte, absorbée par mes pensée. On me conduisit dans une cellule à part. La cellule des condamnés. C'était ici que les condamnés à mort rêvaient avant de mourir. C'était dans celle-ci que je m'assoupissais. Pour la dernière fois.


Un homme se tenait derrière moi. Il était chargé de me faire avancer vers l’estrade où se déroulerait mon exécution.
Il pleuvait. De petites gouttes aussi fines que des larmes. J'aimais penser que le ciel pleurait ma mort.
« Nous somme réunis aujourd'hui, commença quelqu'un placé au balcon de l'hôtel de ville, pour la mise à mort de Mlle Mercy Hallower... »
Je ne prêtais plus attention au discours du Maire. Mon esprit était focalisé sur la hache de mon bourreau. Lame large, effilée. Parfaite pour trancher des têtes en un seul coup.
Dans mon dos, l'homme qui m'avait guidée ici empoigna mes cheveux, sortit un couteau de sa poche et les coupas. Ils tombèrent en une pluie noir à mes pieds. Il vérifia si les liens à mes poignets étaient solides, et me fit avancer. Je m’accroupis et posa ma tête sur une souche rougie et entaillée à plusieurs endroits.
Ça y est. J'allais mourir. C'est ce que tous pensaient. Mais moi, j'allais tout faire pour changer ça. Le bourreau avançait. Les engrenages de mon cerveau tournaient. Le bourreau leva sa hache, l’abattit. Je m'écartai au dernier moment et l'arme se planta juste à côté de ma joue, y laissant une estafilade sanglante au passage. Me relevant le plus rapidement possible, j’assénai un coup de pied dans le ventre d'une personne voulant me retenir. Plusieurs personnes se jetèrent sur moi pour m'arrêter mais j’enchaînais feintes et esquives. Me mouvant tel un serpent, je me frayais un passage parmi les badauds abasourdis.
Je courais. Aussi vite que mes jambes le permettait. Mes poignais entravés me gênaient mais je ne pouvais pas les détachés. Les rues étaient pratiquement désertes. Derrière moi j'entendais des pas de course. Un coup de feu.La balle siffla tout près de mon oreille. On m'avait manqué de peu.
J’avançai jusqu’aux limites du village. Maintenant, seule une rivière me séparait de ma liberté. Je pris le temps de réfléchir. Elle n'était pas très large... Mais je ne croyais pas pouvoir sauter pas dessus. Que faire ? Les pas se rapprochaient et les coups de feu se multipliaient. Je n'avais plus le choix. Je recula et pris mon élan. Je me lança. Quand mes pieds décollèrent du sol tout sembla se passer au ralenti. Une dernière balle venais d''être tirée. Et elle m’atteignit en plein milieu du dos. Je tombais dans l'eau. La douleurs irradiait dans mon corps. Un voile recouvrait mes yeux, je ne voyait plus rien.
Une main invisible m'attira à elle. La main de la Mort.




Le ciel était   noir et menaçant, un éclair transperça les sombres nuages, le tonnerre  gronda, et la pluie commença à tomber: c’était mon dernier jour.  L'eau battait contre mes tempes, ruisselait sur mes joues, goutait le long de mon menton pour aller s'écraser contre mon col. 


Je serrais contre moi les pans détrempés de ma veste en jean, tentant en vain de me protéger du vent d'orage qui soufflait dans la plaine.  De temps à autres, un éclair illuminait le ciel, me prévenant du tonnerre prochain.  Je grelotais, agitant mes orteils prisonniers dans leur gangue de boue, qui me tenait jusqu'aux chevilles. 
Cela faisait presque trois jours que j'avais littéralement pris racine à cet endroit. Si je réussissais  à passer la nuit, mon calvaire se finirait, enfin. Et je serais libre. 



Un bruit attira mon attention. On tapait au carreau. Je me tournais vers la baie vitrée qui découpait un carré lumineux dans l'univers sombre et hostile (froid et gluant) qui était le mien. Mathias me faisait signe, un sourire indolent attaché aux lèvres.  Je fronçais les sourcils, lui montrant bien que ses singeries m'importaient peu, et il répondit en agitant la main. Main qui tenait la boite du DVD live de Nirvana qui m'avait été offert la semaine précédente par mes parents. 
Comprenant ce qu'il avait l'intention de faire, je brandit mon poing menaçant vers mon frère. 
-Fais ça et je t'atomise! Crevure! Enfoiré! 



Il me lança un clin d'œil et ouvrit la boite avec lenteur, sortit le précieux DVD et l'examina sous toutes ses facettes, avec exagération. Sans faire grand cas de mes vociférations qui se perdaient dans la nuit et l'orage, il me tourna le dos. 
Je me tus, à bout de souffle. Qu'est-ce qui avait bien pu me prendre, pour accepter ce fichu pari? Certes, j'avais un peu forcé sur le Coteau du Layon, et le temps était agréable quand notre accord avait été scellé d'une poignée de main.  Mathias et moi prenions l'apéro en terrasse quand il m'avait lancé ce crétin de défi. Une idée venant de lui aurait déjà dû me paraitre suspecte, mais je n'aurais alors jamais pu imaginer que le temps se gâterait dès le lendemain. J'avais passé trois jour entre orages venteux et vents humides. Trois jours et bientôt trois nuits, debout, dehors, sans bouger, sans boire (ça m'apprendra, et de toutes façons, vu ce qui tombe du ciel, l'eau, j'en ai ma claque) et sans manger! 



Mathias introduisait le DVD dans le lecteur quand la pluie redoubla, à tel point que je crus qu'elle allait me plaquer au sol.  Au bout de quelques secondes, il sélectionna dans le menu les sous-titres (ce naze ne connait même pas les paroles) et mit en route le live. Et voilà, c'était fait; ce pourris venait de dépuceler mon DVD tout neuf!  Il dut m'entendre hurler car il tourna la tête vers moi, et avisant que je pouvais encore voir l'écran, tourna la télé de sorte qu'elle m'apparaisse de profil.  Plus de son, plus d'autre image que sa mine de traitre réjouie. Je le vis augmenter le volume et, d'un geste théâtrale, mimer les effets d'une vague sonore qui déferlerait dans la pièce. Il se vautra ensuite dans un fauteuil en cuir blanc, déplaça une table basse pour caler ses pieds, et se laissa aller contre le dossier, en me piquant l'exclusivité de mon concert. J'avais presque envie de pleurer, ma rage soudainement remplacée par un immense désespoir. Comment pouvait-il me faire ça, à moi? 



Mathias portait la chemise en lin blanc que nos parents lui avaient offerte à l'occasion de notre anniversaire, ouverte sur son cou délicat que j'aurais dans l'instant présent volontiers arraché avec les ongles. 



Il y eut un souffle de vent, glacé, et je refermais mes bras contre mes flancs pour tenter de me réchauffer. Mon frère se désintéressa de la télé pour me regarder un instant, puis sembla oublier mon existence. Je voyais pourtant au rictus gravé sur son visage qu'il n'allait pas tarder à trouver un nouveau moyen de me torturer. 



Moins de cinq minutes après (au nez; ma montre a été noyée par ma manche), il se leva et quitta la pièce.  Je pouvais suivre son cheminement dans la maison grâce aux lumières qu'il allumait et éteignait successivement en traversant chaque pièce.  Entrée... Escaliers... Couloir du premier... Chambre d'amis...  Couloir encore... Escaliers... Entrée...  Il fit son apparition dans le salon  avec le ventilateur de la chambre d'amis entre les pattes, qu'il posa à la place d'un vase en verre sur le guéridon.  Il le brancha et retourna s'affaler à sa place, s'éventant avec sa main, ses longues boucles brunes balayées doucement par le souffle du ventilo.

 
Je trépignais de rage dans ma flaque  (une flaque? Que dis-je! C'est une mare! Un océan!). Le salop! La demi-heure qui suivit fut un véritable torture. En plus du ventilo, Mathias était allé chercher mon drapeau de l'Anarchie (la version géante) et s'en était drapé comme dans une couverture, pour se protéger de l'air frais (je venais alors -grossière erreur-, d'essorer ma veste). Puis il s'était emparé du dernier paquet de céréales, et lui qui avait horreur de grignoter entre les repas, l'avait entièrement vidé.


A vingt heures, il interrompit le concert pour zapper sur la météo, et fit pivoter l'écran vers moi. Je détournai la tête, refusant de lui donner satisfaction en entrant dans son petit jeu sadique. Du coin de l'œil, il me sembla pourtant distinguer une alerte orange sur la région. La poisse. Foutue vacances! L'information me fut confirmée par l'air réjoui de ce faux frère de Mathias qui s'empressa de taper au carreau avant de me montrer le ciel de son index droit, le pouce gauche levé. Et foutu traitre.


Le reste de la soirée se déroula dans cette ambiance... particulière. Mathias avait fini par retourner se gaver de Nirvana,  la lumière éteinte, pour se donner l'illusion d'être dans la salle de concert. C'était moi qui regardait la télé dans le noir, d'habitude. Lui trouvait que cela faisait de mal aux yeux.  C'est grâce aux reflets bleutés jetés par la télé sur son visage poupin que je me rendis compte vers une heure du matin qu'il s'était endormi. Sa tête avait basculé sur son épaule, et il respirait lentement, dormant comme un enfant. Rien d'attendrissant dans ce tableau. Je savais que derrière ce visage d'ange se cachait le pire des démons. Ma face sombre. Mon jumeau démoniaque... 



L'aube finit par pointer son nez dans le ciel gris. Il y avait une éclaircie, et heureusement, sinon je n'aurais jamais vu que le jour était en train de se lever. 



Avec les matines, sonnait l'heure de ma revanche  (c'est beau, dit comme ça, non? En plus, les matines, c'est plutôt vers quatre heures du matin, mais là ça faisait bien, et en plus, ça renvoyait à la chanson, là, avec les frères Jacques...) 
Je ramassai une pleine poignée de boue à mes pieds, et m'avançai  en direction de la baie vitrée, la démarche un peu raide, rapport à mes trois jours passés sans bouger.  A tâtons, je trouvais la poignée. 



Mathias allait avoir un réveil à ma sauce... 


Le ciel est noir et menaçant, un éclair transperce les sombres nuages, le tonnerre gronde, la pluie commence à tomber : c’est mon dernier jour. Je garde les yeux rivés sur la voûte céleste, si sombre. Les étoiles, d’habitude apparentes, sont masquées par la nébulosité. Une brise légère vient me couvrir alors que l’eau me fait déjà une seconde peau. Je la regarde ruisseler sur mes bras nus, et un frisson glacé me parcourt. J’avance lentement, au gré du vent et du rythme de mes pas légers. Ferai-je mieux fait de me sentir triste ? De m’apitoyer sur mon sort déjà bouclé ? A quoi bon ? Pas même la plus petite perle, la plus petite larme ne vient ne serait-ce qu’effleurer mon visage. Mes paupières se ferment brusquement lorsqu’un éclair déchire à nouveau le ciel, créant une vague de lumière qui m’éblouit. La pluie martèle maintenant le sol du square avec force et moi, je reste là, pantelante, un demi-sourire figé sur le visage. Je me mets à avancer, d’une démarche mécanique, jusqu’à la balançoire. Je passe lentement la main dessus, essayant vainement d’en enlever une couche d’eau. Résignée, je m’assieds, le regard dans le vide, me balançant de plus en plus haut, aidée par le vent. Les chaines grincent, la planche en bois gémit sous la poussée de mon poids, mes cheveux volètent dans la brise, et moi, dans tout ça, je ris. Un rire cristallin, qui dure longtemps et qui se répercute, qui se répand à travers la forêt. Des oiseaux s’envolent, j’ai tellement envie de les suivre. Etre libre ! Enfin ! Echapper à ce qui nous déplaît ! Mais la perspective de mourir dans peu de temps me déplait elle ? Déjà seize ans que je vis…
Seize ans.
De hauts et de bas.
De pleurs.
De joies passagères.
Vite finies.
Une enfance sans parents.
Solitaire.
J’ai comme un choc dans la poitrine. J’ai l’impression qu’à la simple évocation de mes parents, mon cœur s’est serré, comme écrasé entre mes côtes. Mes pieds foulent le sol, et l’instant d’après, ils battent les airs. L’eau rend mes habits lourds, et lorsqu’ils se plaquent contre ma peau, le touché des étoffes froides et mouillées me fait frissonner. Je veux rire, mais seul un son rauque passe la barrière épaisse de mes lèvres. Oh, bien sur, je veux laisser éclater un rire emplit de sarcasme, de douleur, certes, mais surtout d’impatience.
A nouveau, je me lève, cherchant un moyen quelconque de vaincre l’ennui de cette attente interminable qui m’étreint.
L’attente de la fin.
De la mort.
De ma mort.
Celle des autres ?
Qu’importe.
Les autres ne sont pas moi.
Et je ne suis pas les autres.
Je n’ai que faire de leur attente, de leur sort.
Et eux, en ont-ils quelque chose à faire, du mien ?
Depuis longtemps déjà, j’ai cessé de m’intéresser aux autres, depuis que ceux à qui je tenais m’ont été enlevés, les gens que j’aimais.
Je nous vois encore, gamins, allongés dans l’herbe verdoyante qui ondulait. Les regards rivés vers le ciel, à voir les oiseaux, chercher des formes dans les nuages. De temps en temps, on descendait à la rivière, essayant d’attraper les poissons et s’éclaboussant. Nos éclats de rire résonnaient longuement dans les parois creuses de la grotte qui nous entourait. Mais là, ces éclats de rire résonnent douloureusement dans les parois creuses de mon cœur, désormais vide. Je veux pleurer, mais pas une seule larme ne souhaite franchir la barrière de mes cils, où va donc le monde, si mon propre corps ne m’obéit déjà plus, depuis longtemps alors ? Ce corps, qui n’est maintenant plus qu’une enveloppe vide m’a guidée sur le chemin de mon enfance, et sous mes yeux s’étend un parc. Etrangement, je me mets à sautiller, et les rares passants me regardent avec des yeux qui en disent long. J’hausse les épaules, indifférente. Je passe le portique avec la même légèreté. La pluie cesse peu à peu, l’herbe est plus verte que jamais, et les arbres, de leurs hautes et belles branches feuillues semblent caresser le ciel. L’eau des lacs est pure, fraiche, limpide. A mon habitude, je sors une paire d’écouteurs et la musique qui inonde mes tympans me décrispe la mâchoire en un léger sourire. Et je marche, fermant parfois les yeux pour mieux chanter, mieux m’y croire. Je ne m’occupe plus de rien, ni de la fin, de la mort, de la pluie qui a cessé, de la beauté du parc, de mes souvenirs d’enfance. Je ne m’occupe plus que de la musique qui m’enivre, et de la joie qui se propage difficilement dans mon corps, mais qui s’y repend tout de même. En fait, ce n’est même pas de la joie, mais une forme de liberté.
Des ailes.
Elles poussent.
S’étendent dans mon dos.
Et un frisson me parcourt.
Un frisson d’extase.
Un nouvel éclair déchire le ciel.
Je brans un poing vers la voûte céleste et pousse un cri de victoire tandis que la voix de Tal résonne dans mon crâne.
-Tout au fond de moi je n’ai plus jamais peur !

J’hurle plus que je ne chante ces paroles qui me paraissent si belle à l’instant même où elles se propagent.
La pluie tombe encore plus fort et je me mets à tournoyer sur moi-même, les cheveux au vent. De l’eau ruissèle sur mon visage éclairé d’un air vainqueur. Pourtant une larme nait au coin de mes yeux, et s’épanouit sur mes joues. Elles forment des sillons brulants, brillants. Les dernières notes de la musique se font entendre, suivies par celles d’une chanson d’Avril Lavigne, Alice. Je ferme encore les yeux, et maintenant, ma voix recouvre le bruit du vent, le bruit de l’eau.
« I, I'll get by
I, I'll survive
When the world's crashing down
When I fall and hit the ground
I will turn myself around
Don't you try to stop me
I, I won't cry »
J’essuie mes larmes mais mon visage ne s’en retrouve que plus mouillé encore. Sauf que je ne pleure plus. Un éclair déchire encore les nuages. Je cours. Je sors du parc, et je cours. Je m’arrête à la lisière de la forêt, mais m’y enfonce. Je marche alors. Je passe la main sur l’écorce d’un arbre et me retourne, pour voir une dernière fois le parc. J’avance à reculons, puis me sens tomber. Je ferme les yeux, et je tombe. Je lâche un soupir, un dernier. Et, dans la mort, j’emmène un dernier sourire, épanoui.



Et voila !
Merci à tous !
Si j'ai oublié un texte, faites moi signe !
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Dernière édition par Aoi le Mar 3 Juil - 09:56 (2012); édité 1 fois
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Elyon
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 16:12 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Ok, bien! Les résultats de cette première partie d'Event sont prévus pour quand?


[Les monolignes sont interdits. Va lire au plus vite TES règles ici: http://draw.clicforum.com/t49-Les-regles-on-n-y-echappe-pas.htm- Jikkyo]
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 16:13 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Disons que je n'ai pas encore de votants, donc je dirais dans une semaine.


[Les monolignes sont interdits. Va lire au plus vite les règles ici: http://draw.clicforum.com/t49-Les-regles-on-n-y-echappe-pas.htm- Jikkyo /U_U"\]
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MessagePosté le: Lun 2 Juil - 20:37 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Hmmmm Aoi? C'est pas comme si t'en avais oublié un... le mien est comme qui dirait pas très visible, je veux dire que... heu... Tu l'aurais pas un peu zappé?
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 09:53 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Ah ouais, je me disais aussi, donc c'est le tien qu'il me manque.
Je l'ajoute
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ellia
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 17:16 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Cette fois aussi les participants ont le droit de voter en omettant sagement leur propre texte? Où on attend et on observe?


[Les monolignes sont interdits. Va lire au plus vite les règles ici: http://draw.clicforum.com/t49-Les-regles-on-n-y-echappe-pas.htm- Jikkyo]
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 20:20 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Les nouvelles sont super !  Je me suis régalé à les lire.
Bravo à tous les participants  Yeah!
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MessagePosté le: Ven 6 Juil - 09:12 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Je prends en main, donc, ellia, puisque pas de réponse d'Elyon.
Les participants peuvent voter en omettant leur texte ! Pas de triche, s'il vous plait, j'ai les noms de tous.
Jikkyo, Amane, vous en m'avez pas rendu de texte, tant pis, vous votez, compris ? è.é
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ellia
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MessagePosté le: Ven 6 Juil - 09:15 (2012)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle Répondre en citant

Je crois que Jik a bien l'attention de voter, tu sais^^ Quand il en parle, il est au taquet. Il n'y a pas une grille de notation à remplir qui pourrait nous donner une base, stp? En général, c'est plus facile d'attribuer une note quand on an un support.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:59 (2016)    Sujet du message: Seventh Event: Nouvelle

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